Le cerveau humain possède la mémoire de son animalité, c’est ce que les spécialistes appellent le cerveau reptilien. Il est le siège de nos instincts, des bons comme des mauvais. Instinct de survie face à un danger immédiat mais également refus de la différence de l’autre. L’animalité est donc naturellement en nous, ses débordements se mesurent en millions de morts. L’Humanité est ce qui fait la différence avec l’animalité cette humanité a tendance à contrôler, à domestiquer l’animal qui est en nous par la compassion. Devons nous combattre totalement ce cerveau reptilien avec le risque d’en perdre quelques réflexes fondamentaux ou, au contraire filtrer nos pulsions avec la menace de laisser passer des penchants naturels qui nous font régresser ?
Je pense que c’est par la culture que nous luttons le plus contre les tendances animales qui sont en nous. Cependant certains savent appuyer sur les ressorts qui déclanchent des réactions "préprogrammées" en nous. Les discours populistes en sont l’exemple le plus criant. Si l’on crie « A mort les étrangers » on trouvera toujours une résonance chez les moins cultivés d’une population. Même si les plus instruits sentent en eux certaines pulsions inavouables, ils en connaissent la dangerosité des débordements. Mais de temps en temps c’est vachement bon de se laisser aller à l’animalité : gourmandise, paresse, luxure voilà la triade sympathique.
Rédigé par: Le feu sacré | 23 octobre 2006 à 12:34
Je suis content que vous ayez pu exprimer vos idées.
L’homme est un animal, c’est là un fait établi.
Et la facilité consistant à allouer les débordements de l’espèce humaine à son héritage « animal » relève de la rhétorique : car du monde animal, de l’amibe à l’éléphant, il n’y à que l’homme qui œuvre à l’extermination de sa propre espèce.
Des mammifères il est le seul à tuer ses femelles…dans ses « débordements » il ignore tout instinct : de l’instinct de conservation de l’espèce à l’instinct maternel en passant par l’instinct de survie !
« l'homme n'est ni un ange ni une bête et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête" affirmait Blaise Pascal ; et c’est souvent au nom des idées les plus nobles : d’unité et d’élévation que les plus grandes exactions furent commises.
Ce n’est pas de « l’instinct » dont nous devons nous méfier, mais bien de notre spécificité humaine, de cette spécificité qui pousse l’homme à mettre des années pour concevoir des bombes, des gaz, des virus au service de l’ignominie des folies totalitaires.
C’est bien la spécificité humaine qui pousse l’homme à concevoir des modèles de pensées religieux , philosophique, politique … ou la mort est transcendée et la vie proposée comme insignifiante, animale, relevant bassement du « présent » ;
C’est bien au nom de ses modèles, de futur magnifié , de concept « élevé », que l’homme « épure », immole, torture, tue et extermine ;
Ne devons nous pas communiquer avec notre « animalité » , garder contact avec nous même ; ne pas perdre prise avec notre réalité physiologique, et contrôler ainsi notre spécificité humaine.
Circuler de haut en bas, en quelque sorte, sur un fil imaginaire, partant de « l’humain » à « l’animal », et, par une interaction permanente et constructive : s’élever dans la raison et l’humanisme.
Rédigé par: Pierre R. | 24 octobre 2006 à 20:30
La part animal en nous n'est certainement pas l'ennemi à combattre, ni même à contrôler.
Comme toutes les espèces vivantes de la planète nous sommes le fruit d'un héritage fait d'expériences dont les succès firent la différence entre la survie et l'extinction. Cet héritage qui vit en chacun de nous est probablement celui qui nous empêche de tirer un trait sur l'expérience humaine en tant qu'espèce.
Considéré que le mal fait par l'humanité est issu d'une part exacerbé de son animalité est, selon moi, un non-sens. La perception du bien et du mal est une perception purement humaine.
Les animaux répondent et obéissent à des critères sociaux dictés par leur propre évolution et leur désir instinctif de maintenir l'espèce dans la niche des vivants. Il font ce qui est nécessaire et ne se pose pas la question après coup si c’était bien ou mal.
Je pense malheureusement que depuis l'acquisition de l'intelligence l'homme se trouve toujours bloqué au même stade qui est celui de l'apprentissage de la responsabilité.
Nous continuons à répondre et inconsciemment à obéir à notre part animale (heureusement d’ailleurs). Mais la décision de commettre un acte nuisible à l'espèce ou à l'écosystème qui nous abrite est le fruit d'une décision réfléchie et ce indépendamment du « niveau » culturel de celui qui la prend, d'une décision dont les arguments se révèlent souvent complaisants car "bizarrement" ils lui donnent toujours raison (ce sont des terroristes, nous sommes les gentils, ils sont pauvres parce que dieu les à punis, ...) et qu'en ce n'est pas ou plus le cas et bien en fait c'était de bonne foi qu’il agissait, "oups, pardon je n'ai pas fait exprès de me tromper".
La culture est certainement une part de la solution car elle forge l’ouverture d’esprit. Mais la culture est elle-même le fruit d'un héritage fait de perception erronée, d'ignorance cachée, d'instincts bafoués, le tout enrobée de règles et de dogmes. Peut-être faudrait-il associer à la culture l’acceptation que nous sommes capable d'accomplir le beau et le plus laid. Que faire le mal ne fait pas de nous des victimes de notre animalité mais simplement des humains sans avenir, qui ont échoué à devenir autre chose qu’un animal intelligent.
Rédigé par: La porte | 06 novembre 2006 à 22:17